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Entretien avec Aurélien Bellanger

Le 21 Juil 2018
Page suivante : Roberto Jean, Mathilde-Édith Mennetrier et Marianne Deshayes dans 1993, texte Aurélien Bellanger, mise en scène Julien Gosselin, Festival de Marseille, 2017 avec des acteurs, régisseurs- créateurs et scénographes- costumiers issus de l’École du TNS, repris au Théâtre de Liège en 2018. Photo Jean- Louis Fernandez.
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A

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Article publié pour le numéro
135

MB
C’est la pre­mière fois que vous écrivez pour le théâtre. Euro­dance, qui vient de paraître chez Gal­li­mard, au départ c’est 1993, un texte pour des élèves-comé­di­ens du TNS mis en scène par Julien Gos­selin. Qu’est-ce-qui vous a séduit dans cette propo­si­tion ?

AB J’avais vu la mise en scène des Par­tic­ules élé­men­taires par Julien Gos­selin, à Lille. Cette adap­ta­tion a été une sorte de révéla­tion pour le non-ama­teur de théâtre que je croy­ais être, tout comme la lec­ture de Michel Houelle­becq avait mod­ernisé l’image que je me fai­sais du roman. Julien Gos­selin voulait par­ler de Calais, quant à moi, comme j’ai beau­coup écrit sur les grands pro­jets de mod­erni­sa­tion de la France à par­tir des années qua­tre-vingt (le Mini­tel, Inter­net, le TGV, les réformes ter­ri­to­ri­ales, etc.) c’était l’opportunité de racon­ter l’histoire du tun­nel sous la Manche. Cela pré­fig­u­rait mon futur roman, qui par­lera de l’Europe.

MB
Com­ment avez-vous tra­vail­lé ensem­ble ?

AB N’ayant jamais écrit pour le théâtre, j’en avais une idée car­i­cat­u­rale : j’imaginais qu’il fal­lait une écri­t­ure avec une grande ten­sion nar­ra­tive, que je ne savais pas pro­duire. Julien Gos­selin voulait que j’écrive à par­tir d’entretiens menés à Calais, avec des paroles de migrants, de mem­bres d’associations et des poli­tiques. Dans un pre­mier temps, j’ai écrit une sorte de gros texte sur « l’objet Calais » au sens large, un peu géo­graphique, un peu his­torique, qui a servi de matrice, de plus en plus épurée à la pre­mière par­tie, qui a été acquise très vite. Ensuite, d’un point de vue très prag­ma­tique, je n’avais pas du tout inter­nal­isé qu’il fal­lait que le texte soit joué par douze comé­di­ens. Donc, la sec­onde par­tie a été tra­vail­lée ensem­ble, c’est devenu une écri­t­ure de plateau. J’ai passé un mois à Stras­bourg en appor­tant des solu­tions textuelles pen­dant les répéti­tions lorsque l’on fai­sait appel à moi, et le soir et le matin on étab­lis­sait une liste des besoins avec Julien Gos­selin aux­quels on répondait. Il a été con­venu assez rapi­de­ment qu’il met­trait en scène, dans la deux­ième par­tie, des jeunes iden­ti­taires qui par­ticiperaient à une fête. Il ne fal­lait pas que la pre­mière par­tie soit froide et que la sec­onde soit chaude. La solu­tion était d’imaginer un proces­sus de déca­dence dans la pre­mière par­tie. Cela pro­duit un sché­ma dra­ma­tique que l’on retrou­ve dans la sec­onde par­tie, où l’on assiste à une sorte de fête de la jeunesse européenne. Pro­gres­sive­ment, les thèmes se dur­cis­sent, beau­coup plus d’ailleurs dans la gestuelle et dans le jeu que dans les dis­cours.

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Photo de Marjorie Bertin, Crédit Anthony Ravera RFI
Marjorie Bertin
Docteur en Études théâtrales, enseignante et chercheuse à la Sorbonne-Nouvelle, Marjorie Bertin est également journaliste à...Plus d'info
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